LE BLOG DE LA RIURBA

Cet espace d’informations et de débats complète la RIURBA. C’est un espace ouvert aux professionnels de l’urbanisme, aux acteurs de la ville et aux chercheurs. Il accueille des billets (formats courts) sur l’actualité, des prises de position et organise des débats autour de questions qui traversent aujourd’hui le champ de l’urbanisme.

Tout texte présenté ici est signé et n’engage que son signataire.

 

Wuhan et la Chine, les conditions d’un développement territorial harmonieux à l’échelle mondiale

Le texte que nous publions ci-dessous n’engage que son auteur, comme tous les ceux que nous publions sur ce blog. C’est le point de vue engagé d’un professionnel de l’urbanisme qui connaît bien la Chine. Nous espérons que ce texte ouvrira un débat.

Résumé

Grâce à la gestion centralisée de son économie, la Chine, en dépit de sa fragilité, peut tirer parti des connaissances scientifiques et techniques récentes pour se développer de façon harmonieuse et devenir une grande puissance mondiale, positivement influente. Si elle adopte une stratégie territoriale fondée sur le concept de « banquette arrière », elle pourrait avoir l’occasion, unique dans l’histoire du monde, de promouvoir un nouveau modèle de développement de la mobilité illustrant ce qui doit être fait pour l’humanité. Mais à l’inverse, en imitant abusivement l’Occident, la Chine risque de rater l’émergence de ce nouveau modèle qui aurait pu conduire à un urbanisme de qualité. Des erreurs existent déjà dans les grandes métropoles chinoises, pour lesquelles l’urbanisme et le transport devraient être conçus pour un confort optimum de ses usagers, mais ce n’est pas le cas. Le territoire pourrait être planifié pour résorber la pauvreté qui se développe sous la poussée des migrations vers les villes. Malheureusement, Wuhan a inventé un urbanisme d’actifs financiers qui se répand sur terre comme un virus. Les récents gains de productivité résultant notamment de l’informatique ne sont pas mis à profit pour le plus grand nombre : l’argument humaniste pour une planification efficace du territoire visant notamment le confort des usagers dans les transports et un bien-être urbain est contrecarré par la financiarisation du monde, une financiarisation des constructions qui sapent les potentialités du pays. La Chine reste en position privilégiée pour améliorer le bien-être du monde.

Abstract

The assumption of the back seat – the need for a good level of comfort – inherent in the Chinese tradition allows to state another pattern of development of China, so that it becomes a model for urban planning and transport on a global scale.

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Appel pour le prix de l’article scientifique APERAU 2021

La treizième édition du prix de l’article scientifique en aménagement de l’espace et urbanisme est lancée par l’Association internationale pour la promotion de l’enseignement et de la recherche en aménagement et en urbanisme, avec le soutien de la Caisse des dépôts.

Les articles publiés en 2020 peuvent être adressés au jury international jusqu’au 5 avril 2021. 

Le prix sera décerné lors des Rencontres internationales en urbanisme qui se tiendront du 7 au 10 juin prochains. 

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Dans la bibliothèque de la RIURBA… “Planification urbaine. La ville en devenir”

Un compte rendu d’ouvrage par Didier Paris


Référence complète : Xavier Desjardins (2020), Planification urbaine. La ville en devenir, Paris, Armand Colin, 234p. ISBN 978-2-200-62467-5

Avec Planification urbaine. La ville en devenir, Xavier Desjardins propose un nouvel ouvrage de référence en matière d’urbanisme et d’aménagement des villes, servi par un style clair et efficace. Organisée en quatre parties et douze chapitres, la démonstration s’appuie, au départ, sur le paradoxe inhérent à la planification, fut-elle urbaine : « que valent les plans face à la transformation du monde ? » ; « est-il possible d’imaginer une maîtrise collective du devenir des villes ? », mais aussi « comment organiser le développement des sociétés urbaines sans être prisonnier des urgences de l’immédiateté ? ». Si « la ville ne se pilote pas avec un plan », « la planification urbaine est l’un des outils mis à disposition des citoyens pour mieux maîtriser le devenir des villes ». L’objectif de l’ouvrage est ainsi posé : ne pas défendre la planification, mais « éclairer, critiquer et proposer ».

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Dans la bibliothèque de la RIURBA… “Anachronismes urbains”

Un compte rendu d’ouvrage par Alain Bourdin


Référence complète : Jean-Marc Offner (2020), Anachronismes urbains, Paris Presses de science Po, 208p.

Jean-Marc Offner fait le ménage. Dans un livre court, vif, très clair, agréable à lire, il met à la question quelques unes des croyances qui gouvernent l’action et le discours officiels des producteurs de politiques urbaines. Le primat des transports collectifs, la propriété pour tous, le la lutte contre l’étalement urbain, la mixité résidentielle, la proximité comme clé du lien social, le changement nécessaire des périmètres territoriaux, la primauté de l’architecture dans l’urbanisme sont autant de dogmes révoqués en doute, quitte à montrer que, considérés de manière relative et avec souplesse, certains d’entre eux ne sont pas complètement dénués de sens. « Cet ouvrage, dit Offner (p.18), en appelle à une refondation cognitive de l’action publique territoriale, face à une pensée urbaine en panne ». Il s’agit bien de changer de paradigme  (au sens que Thomas Kuhn[1] donne à ce terme) c’est à dire de cadre de raisonnement et pour cela il faut en particulier remettre en cause les méthodologies utilisées aussi bien dans la production de connaissance que dans l’action.

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Villes Post Covid-19 : Quatre Pistes de Réflexion

Par Sami Ibrahim*, le 10 mai 2020

Si le Covid-19 est considéré comme une « nouvelle » menace, détrompez-vous, car les villes et les pandémies partagent une longue histoire.

Comme le raconte Brian Melican, une seule erreur a coûté cinquante mille morts sur quatre-vingt mille habitants à la ville de Marseille. Se préparant pour sa foire d’été en 1720, un navire chargé de soie et de cendres, nécessaire à la production du célèbre savon Marseillais, a été autorisé à décharger sa cargaison dans le port de la ville malgré plusieurs morts suspectées de peste à bord, entraînant l’épidémie dans la ville pendant deux ans, qui a fait des milliers de morts. Les priorités marchandes devançant les précautions établies, et les responsables de la ville craignant les effets de la déclaration d’un état de quarantaine, ont permis le déclenchement de la peste.

Pourtant Marseille avait réussi à empêcher la peste de l’atteindre pendant plus de trois cent ans grâce à un réseau de renseignement, construit autour de consuls basés dans les différentes villes autour de la Méditerranée, qui compilaient des listes d’épidémies dans ces villes et les transmettaient au bureau d’assainissement de la ville. À cela s’ajoute un système de barrières, deux géographiques et une temporelle.

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Coronavirus : ce que la crise nous apprend ne doit pas conduire à abandonner la proie pour l’ombre

En quelques semaines à peine, la pandémie du covid19 est devenue un choc mondial sans précédent. Alors que les  drames humains se nouent par dizaines de milliers dans les hôpitaux, les dispensaires et même au cœur des foyers, la vague de contamination provoque dans son sillage l’arrêt brutal d’une grande partie des activités et le confinement forcé des populations, quel que soit leur condition et leur cadre de vie ordinaire. À la menace de la maladie, s’ajoutent, pour plusieurs milliards de personnes, les craintes liées aux pertes de ressources et au retour de la pauvreté. Les États ont mis en œuvre, quand et comme ils pouvaient, de premières mesures d’accompagnement pour éviter le pire. Et déjà, ils doivent anticiper les conditions d’une sortie de crise et les leçons à tirer. Dès maintenant, il faut réfléchir aux politiques à mener après la catastrophe, aux conditions à réunir, aux modalités de leurs réalisations, sans renoncer à l’essentiel : l’intégrité et la dignité des personnes, les principes de nos systèmes démocratiques qui doivent rester inaliénables. Mais la vigilance s’impose pour maîtriser l’ensemble des problèmes du monde et ne pas céder à une double illusion : prétendre que la crise sanitaire du covid-19 est le seul problème du moment ; attendre le salut des seules initiatives des nations au motif que la mobilisation des populations et des villes se réduiraient à supporter avec patience les conditions du confinement et les restrictions portées aux libertés. Bien qu’indispensable, l’intervention globale des États, aux échelles internationale et nationale, n’y suffira pas si elle ne trouve pas son prolongement dans la vie quotidienne à l’échelle des espaces urbanisés, donc des villes et des populations. La justification de cette hypothèse s’appuie sur la conviction que le coronavirus aura un impact sans doute comparable au moins à la crise de 1929. Dès lors, les interventions à mener ne sauraient agir sur plusieurs dimensions en même temps.

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Dans la bibliothèque de la RIURBA…”De Gafsa à Shanghaï”

Un compte rendu d’ouvrage par Daniel Pinson, Professeur émérite, Aix-Marseille Université

Référence complète : Christian Bouchaud, Lucien Godin, Hugues Leroux (2019). De Gafsa à Shanghaï, Aménager villes et territoires. Paris : L’Harmattan (Collection Histoire de vie et formation). 244p.

L’ouvrage rend compte de l’activité d’un bureau d’étude privé d’urbanisme et d’aménagement du territoire, le Groupe Huit, fondé par les trois auteurs du livre. Condisciples de la section architecture de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Paris pour les deux premiers, sorti de l’Ecole Polytechnique pour le troisième, tous trois de Nantes, ils en ont constitué le noyau durant 45 ans.

Le livre se lit comme les épisodes successifs d’un groupe d’ « aventuriers », qui deviendront bientôt des praticiens et des experts reconnus dans le monde entier, alors que, sortant de leurs études à la fin de la décolonisation, ils se donnaient comme objectif d’apporter des solutions à l’aménagement des pays qu’on allait bientôt appeler « en développement ».

L’ouvrage est dédié à l’un deux, Lucien Godin, décédé avant son achèvement (2016).

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Le financement de la recherche par projet. Ce que nous apprend le présupposé « modèle américain » à travers l’exemple de l’émergence du champ des urban studies dans les années 50 et 60.

Le rapport du groupe de travail n°1 préparatif à la LPPR sur le « Financement de la recherche » met nettement l’accent sur le financement par projet.  A propos de ce dernier est souvent cité un supposé « modèle américain » qu’il s’agirait de reproduire. Mais souvent le discours sur ce « modèle américain » manque d’une véritable connaissance approfondie de son fonctionnement. Or, l’analyse de l’émergence du champ des urban studies aux Etats Unis au sein des universités par exemple permet de profondément relativiser le rôle du financement par projet dans le financement de la recherche.

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La ville malade du coronavirus 2

Il faut lire la tribune de Pierre Veltz1« Covid 19 Même en temps de crise un peu de recul ne nuit pas » https://www.telos-eu.com/fr/societe/covid-19-meme-en-temps-de-crise-un-peu-de-recul-ne.html. Pour « cadrer » la situation présente, celui-ci nous propose d’abord quelques ordres de grandeur sur la pandémie, en utilisant notamment les statistiques de surmortalité et non celles de l’épidémie qui sont effrayantes mais moins significatives. Puis il revient sur quelques épisodes  récents et terriblement mortifères : la grippe asiatique de 1957 et la grippe de Hong Kong (1969-70) qui n’avaient pourtant pas provoqué de ripostes aussi intenses.

Il propose alors une série d’analyses sous formes de propositions. D’abord le triomphe du refus de la mort évitable, avec le risque que l’on oublie que toute mort n’est pas évitable. Ensuite l’erreur qu’il y a à comparer la situation actuelle avec des évènements historiques anciens tels que la peste noire qui a tué un tiers des européens. Puis le fait que le système sanitaire doit faire face à ce que les entreprises industrielles (et j’aouterai celles de transports en commun) connaissent bien : un phénomène de pic que l’on gère en trouvant les moyens de limiter ces pics. Cela ne signifie ni que notre appareil hospitalier est presque mort, ni qu’il n’a pas besoins de sérieuses réformes, portées par la conviction que « la santé n’est pas une charge à supporter par le système « productif », mais un élément essentiel de création de valeur, sociale mais aussi économique – une composante centrale, avec l’éducation, de cette économie humano-centrée qui émerge sous nos yeux et dont il faut hâter la naissance». Enfin il souligne les inégalités sociales à l’intérieur de la France et entre pays du monde, qui risquent de devenir particulièrement redoutables dans « l’énorme crise économique qui se profile »

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Notes   [ + ]

1. « Covid 19 Même en temps de crise un peu de recul ne nuit pas » https://www.telos-eu.com/fr/societe/covid-19-meme-en-temps-de-crise-un-peu-de-recul-ne.html

Bibliographie   [ + ]

Notes   [ + ]

1. « Covid 19 Même en temps de crise un peu de recul ne nuit pas » https://www.telos-eu.com/fr/societe/covid-19-meme-en-temps-de-crise-un-peu-de-recul-ne.html

Les Pays-Bas et le prix de l’excellence

Il y a 13 universités aux Pays-Bas.[1] Toutes se parent d’excellence. Les métriques de l’excellence académique confirment. Toutes se positionnent dans le top 2% des classements des 17 000 universités de par le monde (QS[2], THE[3], CWTS[4]) et toutes sauf une dans le classement de Shanghai (ARWU[5]). Sept sont classées dans le top 100 mondial du THE Rankings, quatre dans le top 100 des Shanghai Rankings et deux dans le top 100 de QS World University. [6] Pour 2020, mon université – l’Université d’Amsterdam – était classée 64ème (QS) 62ème (THE) et 101ème (Shanghai)[7].

J’y suis (r)attachée depuis les années quatre-vingt, c’est-à-dire avant que les rankings prennent l’importance qu’ils ont aujourd’hui. Avant aussi que l’excellence soit inscrite explicitement comme objectif dans la politique de la recherche et de l’enseignement supérieur du gouvernement.[8]. Depuis 1989, l’excellence est devenue « le superlatif de qualité ». Excellence et compétition avec le top mondial de la recherche (Harvard et Princeton aux Etats-Unis et Cambridge et Oxford au Royaume-Uni) sont les priorités de la politique de la recherche néerlandaise. Un phénomène et une rhétorique dans lesquels s’inscrivent de nombreux pays européens mais aussi la politique de recherche européenne, notamment à travers les bourses ERC.[9] L’ université managériale date de 1997 avec la réforme des universités qui signifia la fin de l’influence des enseignant·es-chercheur·ses et des étudiant·es dans la gestion des universités.[10]

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Implications of turning UK Higher Education Institutions into profit-oriented Enterprises

These are some personal observations from my work experience in a UK university. I started working in a UK research-focused university in 2000. Since then – and even before, gradual changes to funding for the sector and a host of associated developments such as New Public Management and the introduction of performance measures in HE have significantly changed working conditions in this and practically all other higher education (HE) institutions throughout the UK (see e.g., Teichler and Höhle, 2013). This applies for academics involved in teaching and research as well as those involved primarily in research.

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La ville malade du coronavirus

Le coronavirus va-t-il changer la ville ? Certains medias posent la question aux spécialistes. C’est le cas d’un article du Guardian (le 26 Mars), intitulé cities after coronavirus: how covid-19 could radically alter urban life, qui s’appuie principalement sur un entretien avec Richard Sennett.
Après avoir rappelé combien les grandes épidémies ont marqué l’évolution de l’urbanisme ou des sociétés urbaines, ce qu’évoque Sennett dans son dernier livre1Sennett R. Bâtir et habiter. Pour une éthique de la ville. Paris : Albin Michel, 2019. 416 p., cet article aborde la contradiction entre densification et dispersion (désagrégation). Sennett prévoit d’ailleurs le développement d’un conflit entre la demande de santé publique et les exigences de la lutte contre le réchauffement. Il insiste ensuite sur la place du télétravail et ses développements possibles qui pourraient aboutir à une ville dans laquelle les banlieues lointaines et aérées tout comme les centres historiques seraient valorisés, alors que les « premières couronnes » verraient leurs difficultés s’accroitre.

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Notes   [ + ]

1. Sennett R. Bâtir et habiter. Pour une éthique de la ville. Paris : Albin Michel, 2019. 416 p.

Bibliographie   [ + ]

Notes   [ + ]

1. Sennett R. Bâtir et habiter. Pour une éthique de la ville. Paris : Albin Michel, 2019. 416 p.

Pour que l’Europe de la recherche ne soit plus la même

L’année universitaire 2019-2020, je m’en souviendrai. Comme chaque année, un découpage en deux semestres. Le premier a pour sa part été marqué par les mobilisations contre la réforme des retraites et celles contre la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Le second a quant été à lui bouleversé par l’épidémie de Coronavirus. En résumé, le premier semestre s’est passé en grève et le deuxième s’annonce confiné. Chronique d’une année de crise dans une université en crise.

Animer un atelier au temps des temps incertains

J’enseigne à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine de l’Université Grenoble et cela devait être une année de fête. Les formations en urbanisme allaient avoir cinquante ans et quoi de mieux qu’un anniversaire pour se retrouver et penser, ensemble, l’avenir. Tel était à Grenoble notre état d’esprit au début de l’année universitaire et les projets tant de recherche que d’enseignement ne manquaient pas. En voici deux exemples.

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